Dans notre précédent article, nous avons introduit l’Internet Of Things (IoT) et ses cas d’applications phares.
Les quelques lignes ci-dessous vous dressent un portrait de la chaîne IoT et de ses acteurs. Historiquement plutôt réservé à un marché de niche exploité par un écosystème de startups, le marché de l’IoT est en complète effervescence depuis plusieurs années.
Pour y regarder de plus près, prenons chacun des trois grands segments principaux qui le compose.
Les objets connectés
Le marché des objets connectés pour les particuliers est dominé par les startups qui ont su tirer profit de l’IoT dès ses premiers pas. Nous citerons par exemple des acteurs tels que NETATMO, FITBIT, NEST (racheté par Google en 2014) ou encore Withings.
Pour le marché professionnel, on distingue les acteurs historiques du #M2M (Machine to Machine) tels que LeGrand ou Schneider Electric qui ont vu en l’IoT une opportunité de compléter leurs positionnement et se rapprocher encore plus de leurs clients. Mais aussi, des acteurs industriels spécialisés dans le développement et la distributions de capteurs et puces IoT tels que Bosch, Samsung ou encore Siemens.
La connectivité
Sur le volet de la connectivité, le marché est tout aussi divisé, vous vous en doutiez, non ?
D’un côté les réseaux à faible consommation spécialisés pour les besoins IoT nommées #LPWAN (Low Power Wide Area Network) avec deux acteurs ou plutôt deux technologies qui sont massivement déployées sur le marché : Sigfox et LoRa.
#Sigfox, opérateur télécom français crée en 2014 et qui propose sa propre technologie propriétaire.
#LoRa, une modulation des ondes radio open source exploitable par toute entreprise dès lors qu’elle achète des puces de communications LoRa rattaché au réseau #LoRaWan distribué au travers de l’ “#Alliance LoRa”. Cette technologie est exploitée par les grands opérateurs historiques, en particulier Orange et Bouygues Telecom.
De l’autre, les technologies télécom classiques mobiles 2, 3, 4 et bientôt 5G, les réseaux domotiques comme #Zigbee ou #Wave ou encore l’infrarouge, le bluetooth, le Wifi etc.
Nous aurons tout le loisir de détailler les technologies citées et bien d’autres dans notre prochain article dédié à la #Connectivité IoT.
Les plateformes IoT
Le marché des plateformes IoT est certainement celui qui est le plus vaste en terme de représentation et de typologies d’offres différentes.
Quel est le rôle d’une plateforme IoT ? Quelles fonctionnalités critiques doit-elle adresser ?
Domaines d’expertises critiques portés par la plateforme IoT :
Authentification et gestion des objets connectés : authentification et gestion des habilitations, appairage et révocation, supervision et monitoring, maintien en condition opérationnelle (mise à jour, maintenance…), référentiel des objets.
Collecte, analyse et traitement des données : ingestion du stream de données, traitement par flux / lot, historisation et premier niveau de stockage, corrélation événementielle via des règles définies, gestion de scénarios enregistrés.
Exposition des données : gestion événementielle avec des briques externes (SI legacy, plateforme Data Management…), exposition des données (API, Web Services…).
Pour appréhender le marché, divisons les offres en deux grandes familles :
Les Plateformes dites “horizontales” ou “généralistes” couvrent les besoins de manière transversale. C’est à dire, mettent à disposition des fonctions et services pouvant être déclinés sur tous (ou presque) les cas d’usages IoT. Ces plateformes deviennent très utiles lorsque l’on multiplie les cas d’usages, nombre et typologies d’objets, réseaux utilisés, points de collecte et d’exposition des données, afin d’en faciliter la gestion au quotidien (règles et processus de « device management », standards de formats de communication, APIs etc.) et permettre de conserver une cohérence globale. Dans cette catégorie, nous retrouvons tout d’abord les #Pure Players IoT. Mais également les grands acteurs #Cloud qui proposent des offres packagées et brandées IoT se basant sur leurs services managés.
Les Plateformes “verticales” disposent d’une expertise sur un secteur d’activité défini (immobilier, télémétrie, santé…). Elles jouent le rôle d’accélérateur métier fort dans l’analyse et l’exploitation des données IoT. Elles disposent par exemple d’algorithmes et de fonctions de traitement complexes pré-intégrées évitant ainsi à leur client de devoir porter ce développement en interne.
Le marché de l’IoT est en pleine effervescence, entre émergence de startups innovantes, rachats et partenariats, développement de nouvelles technologies (objets et communications), les transformations sont constantes. Le marché n’est pas mature, il n’est pas pertinent de tenter d’établir des règles préétablies applicables dans tous les cas.
Aussi, il faut repenser la démarche et rester dans un modèle au plus près des cas d’usages métier ! Dans un contexte marché dynamique, multipliant les cas d’usages, ne conviendrait-il pas de casser les conventions et de s’orienter vers une approche #multi-plateformes ?
Nous tenterons d’y voir plus clair et rentrerons plus en profondeur dans le détail des typologies d’offres, différents hébergements proposés, critères de comparaisons, typologies d’architectures et modèles opérationnels, modèles financiers et bien d’autres indicateurs déterminants dans notre article dédié aux #Plateformes IoT à venir.
Le prochain, et dernier volet de nos articles 360° sur l’IoT mettra en lumière les promesses faites par la technologie… mais nous nous attarderons surtout sur les points d’attention à ne pas négliger.
Le leasing, ou location de matériel informatique représente un marché de près de trois milliards d’euros en France. La location est-elle bien la solution souple et idéale décrite dans de nombreux articles de presse ou un engagement économique à long terme avec des coûts cachés difficiles à tracer ? Tout dépend des objectifs de l’entreprise et d’une bonne négociation du contrat avec le leaser.
A première vue la location de matériel semble une solution souple pour renouveler son matériel informatique. Les entreprises françaises y recourent d’ailleurs massivement puisqu’elles ont consacré plus de 3 milliards d’euros en 2018 dans la location de serveurs, de machines bureautiques, de smartphones… (Source ASF : Association Française des Sociétés Financières). L’idée est de disposer rapidement de matériel sans investissements financiers importants et avec des coûts maîtrisés.
Mais est-ce toujours le bon calcul ? Tout dépend…
Il faut comprendre que le matériel est d’abord acheté par le loueur. Il transforme alors son achat en location et dans le package du leasing, le loueur inclut des services complémentaires comme la reprise du matériel en fin de location, son suivi, son recyclage… Pendant la période de location, il devra donc à la fois se rembourser du coût du matériel et se rémunérer pour les services ajoutés.
Comment s’effectue le calcul du coefficient de location ? Qui détermine les versements ?
D’abord le loueur doit se rembourser.
Les entreprises sont redevables de l’ensemble des loyers prévus pour arriver à un équilibre. Quoiqu’il arrive au matériel, obsolète ou opérationnel, utilisé ou en dépannage, gardé ou rendu, … : l’entreprise paiera la totalité des mensualités.
Le coût de location mensuel = coefficient de location mensuel (indiqué dans le contrat et fixe sur la durée contrat) * coût d’acquisition
Le coefficient de location dépend des taux d’emprunt sur les marchés financiers au moment où le matériel est acheté, et en ce moment les taux sont très bas. Dans ce cas, certains leasers n’hésitent pas à annoncer que la location coûte le même prix que l’acquisition en fonds propres : la somme des loyers est quasi égale au coût d’acquisition.
Evidemment, il y a d’autres paramètres…
Redevance de mise à disposition
Il semble aussi intéressant de s’arrêter sur « l’avant » et « l’après » contrat, où se cachent parfois quelques surprises.
Le contrat de location démarre à une date précise, et il peut s’écouler plusieurs semaines avant que le contrat ne prenne effet, les besoins de matériel n’attendant pas. Dans, ce cas, le loueur met à disposition les machines qui entreront dans le contrat de location par la suite.
Attention, le loueur applique alors une « redevance de mise à disposition ». Cette redevance peut être complètement différente du « coefficient de location » annoncé lors du contrat, car le leaser fera payer des intérêts supplémentaires pour la mise à disposition du matériel avant le démarrage du leasing.
Gérer la fin de contrat
A l’issue de la période de leasing, comme le matériel appartient au loueur et non à l’entreprise, celui-ci doit le récupérer. C’est lui et lui seul, qui revendra le matériel à un « broker » sur la base d’une côte du matériel d’occasion. Sa valeur peut varier selon de multiples critères et oscille entre 10 et 20% de la valeur du neuf et constitue une bonne partie de la marge du loueur.
Pour un matériel coûtant 100 euros, le loueur encaissera 100 euros de loyer plus 10 à 20 euros liés à la revente du matériel au broker.
Si l’entreprise décide de garder le matériel au-delà de la période initiale prévue par le contrat, le loueur devra compenser la perte de la revente en facturant des loyers supplémentaires selon des conditions particulières. Pour l’entreprise, il faut donc vérifier que la location de la machine ne coûtera pas beaucoup plus chère que sa valeur d’achat, le « coût de prolongation » s’additionnant bien entendu au montant de la location initiale.
Bien négocier son taux de non-restitution
Dans toutes les grandes entreprises, une partie du matériel loué est « perdu » remisé dans des placards, cassé, donné à des collaborateurs au moment de leur départ… Or, les machines n’appartiennent pas à l’entreprise et doivent être rendues au loueur à la fin du contrat. Il est donc important de négocier, dès le début du contrat, un « taux de non-restitution ». pour couvrir les cas de matériel cassé, perdu, etc…
Les grands comptes, par exemple, ne gèrent pas les écrans, les claviers ou les souris, qui constituent une part significative des coûts des matériels. Leur non-restitution au-delà du taux prévu dans le contrat peut entraîner des frais supplémentaires non négligeables.
Conclusion
Il est donc courant à l’issue du contrat de constater un taux de location annuel plus proche des 6% que des 0% annoncés.
Finalement, la location de matériel informatique peut avoir des avantages parce qu’elle est plus facile à obtenir que les emprunts, qu’elle offre des services de recyclage de matériel, et que les coûts mensuels sont faciles à suivre et à maîtriser.
Il faut cependant retenir que le matériel n’appartiendra jamais à l’entreprise même à l’issue du contrat, que les services se paient et que les coûts peuvent vite augmenter si le parc locatif n’est pas bien géré.
Dans tous les cas, il vaut mieux prendre le temps pour négocier l’ensemble des éléments du contrat et donc pas seulement le taux de location en tenant compte des besoins, des processus de l’entreprise, de la maturité et de la rigueur de la gestion de parc afin d’éviter les mauvaises surprises.
Ces dernières années, lorsque nous parlons d’API, nous revenons, systématiquement, sur les concepts d’interfaces REST, un des paradigmes permettant de mettre en pratique une démarche API.
N’existe-t-il donc que des API REST ? Est-il indispensable, pour mener une politique d’API, de faire référence aux architectures REST ?
La réponse théorique et celle pratique différent, et pour cela nous vous proposons d’analyser les deux points de vue :
La théorie : bien sûr que non
Nous pouvons définir l’API comme un moyen d’échange permettant, par le biais de technologies web, d’exposer des services, apportant une réponse à son utilisateur d’une façon synchrone.
REST, quand à elle, est une architecture logicielle basée sur le HTTP et qui propose de concevoir et d’exposer des services, en exploitant pleinement le potentiel de ce protocole.
Donc nous avons bien le dualisme :
API est l’objectif, le QUOI
REST est le COMMENT, l’architecture logicielle sur laquelle nous pouvons nous appuyer
REST est ainsi un des socles sur lequel nous pouvons définir notre politique API mais qui ne se résume qu’à un moyen. Moyen qui n’est pas forcément exclusif.
La pratique: non mais…
La pratique est différente, pas forcément discordante mais arrondit les dissemblances entre les deux notions.
Le REST est, à ce jour, l’architecture logicielle qui satisfait le mieux les objectifs d’une démarche API, dont le principal est le rapprochement entre besoin client et informations nécessaires à le satisfaire. Nous allons alimenter cette hypothèse en utilisant la notion de DATA et donc élargir la description de l’API en prenant en considération son lien très intime avec la donnée.
Dans l’objectif de marier ce binôme, nous allons analyser, comme contre-exemple, le modèle SOAP. Sans vouloir rentrer dans l’éternel débat de SOAP vs REST, nous allons comparer ces deux concepts, en nous focalisant sur leur interaction avec la donnée.
Une interface SOAP est surtout conçue avec un objectif d’action, de méthode, alors qu’un service REST, si bien architecturé, effectue ses opérations sur une ressource. Le service REST manipule ainsi une entité métier définie. Bien que les deux concepts puissent être considérés comme étant similaires, la réalité est fortement différente. Prenons par exemple la réservation d’un voyage :
En SOAP nous créons une méthode appelée « reserverVoyage ». Ici nous ne savons pas comment va être formalisé, en termes de données, la réservation, nous savons uniquement que nous effectuons une action de réservation
En REST nous allons manipuler la ressource « réservation ». Ici nous modifions, avec un verbe de type PUT, une entité métier « réservation », qui est identifié en termes de données et d’attributs, deux concepts portés par l’API
Le choix de manipuler directement la donnée, au niveau de l’API REST, permet de mener une réflexion complète, qui descend jusqu’à la modélisation de la donnée, modélisation qui devient facilement lisible au niveau des APIs. Rappelons-nous ! Un système d’information est essentiellement un écosystème qui transforme de la donnée.
Théorie ou pratique ?
Une API doit être conçue en partant de son objectif primaire : manipuler la donnée, en ouvrant sur les possibles actions que l’utilisateur / l’application cliente peut effectuer pour tirer et / ou apporter de la valeur.
C’est là ou le REST et l’API se rejoignent et, à aujourd’hui, se lient dans un objectif commun.
Le REST est à ce jour la solution sur laquelle se base la stratégie API car ce paradigme architectural incarne complètement les concepts d’API, en attendant de voir si le GraphQL tiendra ses promesses…
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IoT – Un marché à conquérir mais pour quels usages ?
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En 2018, le marché de l’IoT comptait près de 35 milliards d’objets. En 2021, les cabinets et analystes stratégiques prévoient un marché de plus de 50 milliards d’objets, plus de 6 objets par individu pour un chiffre d’affaires dépassant les 1 900 milliards de dollars.
En 2018, le marché de l’IoT comptait près de 35 milliards d’objets. En 2021, les cabinets et analystes stratégiques prévoient un marché de plus de 50 milliards d’objets, plus de 6 objets par individu pour un chiffre d’affaires dépassant les 1 900 milliards de dollars. L’internet des objets (#IoT) est au sommet de sa #HypeCurve et la tendance va s’accélérer.
Mais qu’en est-il réellement en 2019 sur le terrain ? Comment le marché de l’IoT est-il structuré ? Est-il mature ? Des modèles d’architecture se dégagent-ils ? Comment en tirer profit au maximum ? Comment assurer la gouvernance d’une telle transformation ?
Pour apporter des premiers éléments de réponse à ces interrogations, et plus encore, nous vous proposons une série de trois articles 360° de l’IoT vous permettant d’appréhender cette technologie qui fait tant parler d’elle.
Dans ce premier volet, nous allons démarrer en douceur avec une définition de l’IoT et une présentation des cas d’usages phares adressés.
L’IoT, c’est quoi ?
Commençons par un petit zeste de sémantique…
Un objet connecté est un dispositif muni :
d’un ou plusieurs capteurs qui lui permettent de récupérer des informations de son environnement,
d’un peu de puissance de calcul et de mémoire afin de traiter les données,
d’une connectivité afin de les transmettre.
L’IoT représente l’interaction de plusieurs objets connectés vers un emplacement commun qui traite et analyse les données afin de les restituer avec une valeur ajoutée. Cette brique technique est appelée #Plateforme IoT. Elle fait le lien entre le monde extérieur (objets connectés, réseaux) et le SI interne de l’entreprise.
Par définition, l’IoT permet de connecter les objets “traditionnels” du terrain et d’y ajouter des services innovants en surfant sur le développement fulgurant des composants (capteurs, puces…). Les objectifs principaux étant naturellement d’élargir son catalogue d’offres, de capter de nouveaux marchés et de développer ses sources de revenus.
La démocratisation des objets connectés…
production en masse des composants induisant une baisse de leur coût,
miniaturisation des composants permettant de les intégrer facilement dans les objets sans impacter le form factor (design, forme, dimension de l’objet),
développement des technologies de connectivités adaptées,
progrès importants sur l’autonomie des objets.
… et les progrès technologiques…
banalisation des architectures distribuées,
augmentation des capacités et diminution des coûts de stockage,
perfectionnement des traitements temps réel.
… ont rendu l’IoT accessible à tous !
C’est très bien, je récolte des données de mon environnement que je transmets pour les traiter… rien de bien novateur jusque là me direz-vous “Je le fais depuis 50 ans dans mon système de maintenance industriel SCADA (Supervisory Control And Data Acquisition)” et vous auriez raison…
Enfin presque…
Bien qu’elle ne soit pas novatrice sur le principe, la récolte de données permise par l’IoT dispose de nombreux avantages qui rendent la technologie très intéressante comparée à son aînée :
La flexibilité offerte par l’IoT, tant sur les objets que sur les réseaux disponibles, lui permet d’être déployé sur un terrain de jeu bien plus vaste !
Les cas d’usage phares adressés
Maintenant que nous sommes tous alignés sur les principes de la technologies IoT, parcourons quelques domaines d’activités dans lesquels l’IoT est et/ou sera déterminante.
IoT et industrie 4.0
Très consommateur en données IoT, le secteur industriel exploite cette technologie sur toutes les strates de son écosystème, en voici quelques exemples concrets.
Sur la chaîne de production tout d’abord où l’on retrouve des cas d’usages tels que l’optimisation de la synchronisation des chaînes d’assemblage, l’efficacité énergétique pour diminuer la consommation ou encore accentuer la productivité tout en réduisant les coûts.
Également, sur la logistique dans le but de faciliter la préparation des commandes en réduisant le délai de préparation de celles-ci, améliorer la traçabilité des produits, sécuriser le circuit fournisseurs…
Puis dans l’optimisation des processus et actes de maintenance avec une approche plus prédictive que curative, une réactivité accrue avec des interventions terrain plus ciblées et mieux préparées pour en réduire le coût ainsi que le temps d’interruption.
Véhicule connecté : en route vers la servicisation du véhicule
L’industrie automobile est un fervent défenseur de l’IoT avec en ligne de mire le développement du “véhicule tout autonome”. Les technologies IoT permettent d’adresser toutes les thématiques de la chaîne : du réglementaire, à la sécurité, l’aide à la conduite et jusqu’ au divertissement des utilisateurs :
Des infrastructures civiles toujours plus connectées #smartbuilding et #smartcity
Les possibilités offertes par la démocratisation de l’IoT l’invite tout naturellement dans notre quotidien. Nous sommes connectés via nos objets personnels, nos habitations et notre environnement (commerces, moyens de transports, lieux de travail, infrastructures publiques, etc.). Pouvoir associer, interconnecter et exploiter les données croisées de toutes ces sources est l’une des promesses du #SmartCity. Pour accompagner cette transition, les grands acteurs de l’immobilier se sont mobilisés, il est estimé par la #Smart Building Alliance que d’ici 2020 tous les immeubles seront a minima #R2C (Ready To Connect) voir #R2S (Ready To Services). Les promesses sont nombreuses en terme de sécurité des personnes et de l’environnement, efficience énergétique, fluidification du trafic…
Bien entendu, les domaines d’activités concernés par l’IoT sont bien plus nombreux.
Les secteurs du Transport ou de l’Énergie, non cités plus haut, se transforment également très activement autour des possibilités offertes par l’IoT.
Les cas d’usages IoT ne sont limités que par les barrières que nous leurs donnons. Laissez libre court à votre imagination pour identifier les solutions IoT qui font sens pour vous, avec à la clef, un nouveau marché vecteur de valeur.
Dans le prochain article, nous vous parlerons du marché de l’IoT à travers un panorama des forces en présence sur toute la chaîne de valeur, depuis l’objet jusqu’ à la plateforme.
Un dernier volet sera quand à lui consacré aux promesses de l’IoT mais aussi les principaux points d’attention à adresser pour le succès de cette transformation.
Et vous quels sont vos usages de l’IoT ?
Nous vous donnons rendez-vous très vite pour la suite de nos articles #IoT. Stay tuned !
Je découvre un article du 2 Juillet 2019 dans le journal le Parisien, un court article intitulé « L’architecte doit établir un budget juste ». Je n’ai pas pu m’empêcher d’établir le parallèle avec notre métier d’architectes d’entreprise.
« Si vous faites appel à un architecte pour une rénovation immobilière, il est tenu d’établir une prévision exacte du coût de l’opération. C’est ce que vient de déclarer la Cour de cassation dans une affaire où un architecte avait sous-évalué le projet. Il a « failli à son devoir de conseil », ont expliqué les juges. Précédemment, la cour d’appel avait déclaré qu’un dépassement « de l’ordre de 10 % » était admissible. Mais en l’espèce, l’architecte avait fixé un budget de rénovation inférieur de 15 à 25 % au coût habituel, « standard », c’est-à-dire qu’il avait prévu un coût de moins de 900 € par mètre carré au lieu du ratio standard qui est de 1?000 à 1?100 €.
De plus, cette estimation ne comprenait pas les finitions. Résultat : le coût total avait quasiment doublé le coût estimé. La justice a au contraire souligné la responsabilité de ce professionnel qui aurait dû se renseigner sur les souhaits et possibilités financières de ses clients pour faire une évaluation exacte.
Il a été condamné à prendre en charge le dépassement, à titre de dommages-intérêts pour ses clients. »
Stick to standards
Premier reproche à l’architecte : ne pas avoir respecté les standards connus d’évaluation de son métier. Dans les métiers de l’informatique, ce n’est pas l’architecte mais le chef de projet qui fait le devis. Et il existe aussi des méthodes d’estimation des projets (points de fonction etc.) qui sont utilisées dans les entreprises. Surtout dans nos métiers, la décision ne se prend jamais seul, les évaluations sont souvent challengées par plusieurs personnes pour arriver à des devis proches de la réalité. Et dans le doute, on se raccroche à des projets déjà réalisés ou des métriques connues. Doit on afficher ou faire connaitre les standards de nos métiers ?
Comply or explain
2ème reproche : si l’architecte s’écarte des standards il a le devoir de justifier cet écart. Un des principes de construction de l’IT est « comply or explain ». Si vous n’êtes pas conformes, vous allez devoir expliquer pourquoi. Ce n’est pas interdit de sortir du cadre fixé, mais il faut alors le justifier, ce qui a manqué à l’architecte mis en cause dans l’article. Le fait de travailler à plusieurs force les échanges et donc les explications.
Quel périmètre pour évaluer le projet ?
3ème reproche : il avait oublié les finitions dans son évaluation. Ne pas bien évaluer le périmètre et ne pas l’expliciter fait bien partie des missions de l’architecte envers ses clients. L’architecte fait les plans de la transformation et doit donc bien expliquer son devis et ce qui est compris dedans ou pas. Dans nos métiers et projets, il s’agit de se mettre d’accord sur la reprise des données, la mise à jour des interfaces etc. Un credo : toujours expliquer ce qui va être fait mais aussi ce qui ne sera pas fait.
Le budget du client
Dans l’explication de la condamnation, le jugement précise que l’architecte aurait dû se renseigner sur les souhaits et possibilités financières de ces clients pour établir une évaluation exacte. Effectivement, c’est un créneau essentiel dans nos métiers. On peut rêver mais « nous avons toujours plus d’idées que de budget ou de capacité à faire ». Bien expliquer où doivent se concentrer les investissements et pourquoi. Quelle valeur va être retirée des investissements prévus.
Conclusion
Le jugement ne fait que reprendre des arguments qui relèvent du bon sens :
Justifier ses décisions et donc ses devis
Bien valider avec le client ses attentes et ses possibilités financières
Respecter les standards du métier ou expliquer les écarts
Bien décrire le périmètre du devis
Ne jamais être seul en charge des évaluations, toujours avoir quelqu’un avec qui partager / échanger
Gageons que ce rappel des bonnes pratiques ne concerne qu’une minorité de professionnels.
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La gestion du portefeuille client sert l’alignement stratégique
La gestion du portefeuille client sert l'alignement stratégique
Tels des escadrons de cavaliers des temps modernes, les cellules PMO assistent les Dirigeants et directeurs comme le faisait en son temps les aides de camp de Napoléon et de ses maréchaux. Le contexte et les conditions ont évolué mais les exigences de visibilité et de coordination entre objectifs, ressources et contingences restent d’actualité.
De longue date, nous savons que les directions œuvrent à la transformation de l’entreprise en anticipant plus qu’en réagissant aux menaces et opportunités qu’elles rencontrent. Pour ce faire, elles gèrent leurs activités d’exploitation et d’investissement pour créer de la valeur. Les attentes sont distribuées dans toutes l’organisation (à la fois verticalement et horizontalement). Historiquement les directeurs de programmes dans les directions SI et plus récemment les directions métiers, ont mis en œuvre et développé les techniques et pratiques de Gestion de Portefeuille Projets. Chacun, à son niveau, y recherche des moyens d’optimiser ses ressources avec le souci d’obtenir la valeur et plus classiquement de satisfaire les intérêts de l’entreprise.
Un rôle déterminant pour les organisations
Plus aucun secteur d’activité économique n’est exempté de devoir gérer et maîtriser finement ses finances et l’utilisation de ses ressources. L’optimisation de l’allocation des investissements implique une attention toute particulière sur l’alignement stratégique du portefeuille de projets. Issue de ces investissements, le portefeuille de projets exige à son tour un pilotage pour évaluer son contenu. Ici, il n’est plus question de contraindre les chefs de projets à se conformer à un travail administratif, mais de leur fournir les outils à même de les aider à concrétiser la valeur du travail de leurs équipes et en apporter la visibilité à leurs responsables.
La responsabilité de la cellule PMO est à la fois d’analyser et de surveiller la matérialisation de la valeur des engagements pris par les projets. Il importe pour l’entreprise de la pérenniser en formalisant et en aidant la direction à décider à partir d’éléments factuels et qualitatifs via le pilotage dans le temps de la valeur du portefeuille des projets.
Quel que soit le niveau de rattachement de la cellule PMO, elle agit au cœur d’un réseau de relations humaines. Elle est à la croisée des préoccupations des différents responsables de l’entreprise. Son influence dans les relations est à la fois directive et collaborative, toujours dans le souci de servir la stratégie de l’entreprise. Chaque cellule occupe un positionnement transverse qui lui permet d’assurer une fonction qui cumule des responsabilités d’analyse, de gouvernance, et d’administration des données du portefeuille avec ou sans outils.
Elles ont pour rôle de planifier, créer, évaluer, soumettre à arbitrage les projets/programmes dans le portefeuille et de communiquer sur les priorités du portefeuille et les informations d’état des investissements en cours. Ce positionnement vise à l’obtention de la valeur des projets. Essentiellement active dans les instances et travaux de consolidation, elles font face à des exercices d’influence qui peuvent s’apparenter à du lobbying pour maximiser les affectations des directions et ce parfois au détriment des objectifs stratégiques.
Un dispositif garantissant la bonne conduite des projets
La conduite des activités PMO comprenant la planification, le contrôle et le pilotage du portefeuille implique du responsable qu’il définisse le dispositif d’évaluation en continu de son portefeuille. Elle inclue d’Accompagner les managers et les opérationnels des projets de transformation dont ces derniers ont la responsabilité. Ces activités visent à développer les capacités de l’organisation à garantir la maîtrise des projets tout au long de leur déroulement. Ces capacités sont essentielles pour porter une vision consolidée et ordonnée du portefeuille qui permet à la fois à la direction d’agir et réagir de façon approprié, mais aussi d’atteindre un meilleur alignement stratégique avec les métiers et fonctions transverses de l’entreprise.
La cellule PMO porte également une responsabilité de performance du portefeuille face à la complexité des projets à conduire. En effet, les besoins, les contraintes, contingences et dépendances émergent de toutes parts touchant tout autant le patrimoine organisationnel que le portefeuille IT. Pour cela, il lui incombe de produire une représentation de la performance du dispositif, toujours dans la perspective de concrétiser la valeur attendue des projets. Ce travail de formalisation des pratiques à mettre en œuvre et des données à analyser participe à la rationalisation des prises de décision.
Enfin dans certaines circonstances, le dispositif peut inclure la coordination Fonctionnelle/Technique des adhérences et des dépendances qui apparaissent entre les projets.
En complément, face à la multiplication des sources de données et de leur traitement en masse, la cellule PMO dispose d’un référentiel de données stratégiques pour l’entreprise. Les solutions PPM sur le marché répondent toutes à deux enjeux que sont l’amélioration de l’efficience opérationnelle recherchée (allègement du coût d’exploitation des applications et aide à la prise de décision documentée) et l’amélioration de l’efficacité organisationnelle (partage de l’information entre les entités et directions). L’apport initial de ces solutions reste l’industrialisation des activités de gestion de projet essentiel à l’amélioration de l’engagement des projets à mener. Ces solutions ouvertes sont à même de couvrir les exigences de complétude, de qualité, de cohérence et de disponibilité des données quel que soit le modèle organisationnel mis en œuvre.
Un maillon majeur pour gérer incertitude et complexité
Dernière prérogative de la cellule PMO, œuvrer à réduire le niveau d’incertitude attaché aux projets qui compose le portefeuille. Pour cela, son positionnement transverse dans l’organisation en fait le relais idéal du développement d’une culture de la gestion des risques. Toutes les activités évoquées dans le champ de la Gestion Portefeuille Projets visent à appréhender les différentes formes d’incertitude et de complexité auxquelles les programmes et directions peuvent se trouver confrontées. Réduire l’incertitude implique à tous les acteurs de poser et d’accepter de reprendre les hypothèses pour les adapter aux circonstances rencontrées.
De son côté la complexité croissante des enjeux à servir est source de contradictions au sein de l’entreprise. Elle impose à la cellule PMO de rompre les silos organisationnels et de faire preuve d’empathie envers ses parties prenantes pour parvenir à tisser des liens entre acteurs, entités, et disciplines. C’est à elle qu’il revient de multiplier les points de vue à même de relier les idées nécessaires aux décideurs.
Après plusieurs années d’accompagnement sur ces sujets, nous avons forgé des convictions fortes dans ce domaine d’intervention :
Qu’elle rende la Gestion de Portefeuille de Projet, levier de création de valeur au service de la stratégie des entreprises.
Qu’elle soit reconnue comme un relais d’information au sein du réseau d’acteurs des directions métiers et fonctions supports de l’entreprise.
Qu’elle tienne un rôle d’acteur catalyseur des capacités de l’organisation à mener à bien ses projets et activités récurrentes dans un cadre de travail connu de tous.
Qu’elle devienne le référent de l’expérience des projets métiers et technique en ce qui concerne la masse de données issues de sources multiples à traiter pour piloter les projets.
Enfin, qu’elle est un agent responsabilisant les acteurs de l’organisation dans la gestion des risques à même de réduire l’incertitude intrinsèque à toutes activités entrepreneuriales et de transformation.
Son crédo en somme : « Bien faire le travail pour faire du bon travail ».
Les transformations de l’entreprise impliquent rapidement un nombre importants de directions, une multitude de collaborateurs, internes ou externes. Les dépendances entre tous ses acteurs vont croissant et sont changeantes. Comme du temps des épopées Napoléoniennes, lorsque les aides de camp sur le champ de bataille avaient un rôle déterminant dans la victoire, la GPP, est aujourd’hui une activité essentielle pour toute direction moderne.