WHAT – Les solutions pour un processus de bout en bout
MCP - WHAT : Les solutions pour un processus de bout en bout
L’idée est de présenter un panorama de solutions disponibles pour implémenter l’architecture MCP en entreprise organisé par différentes couches : Clients / Interface UX, Orchestration entreprise & agents, Agents IA, LLM Provider…
Schéma de référence des différentes couches et de leurs solutions
Introduction
L’idée est de présenter un panorama de solutions disponibles pour implémenter l’architecture MCP en entreprise organisé par différentes couches :
Clients / Interface UX
Orchestration entreprise & agents
Agents IA
API & API Gateway
LLM Provider
Tool / Endpoints API
Observabilité
L’objectif n’est pas de réinventer la roue pour des couches déjà existantes dans un SI d’entreprise mais de se concentrer sur les couches qui participent activement au fonctionnement et à la communication avec l’écosystème MCP.
Les différentes couches sont passées en revue, en rappelant leur fonction, avant de s’attarder sur les solutions disponibles sur le marché. Certaines solutions ne sont pas strictement segmentées et peuvent couvrir plusieurs couches.
Même si les couches techniques continuent d’exister, leurs frontières deviennent moins visibles au fur et à mesure que les éditeurs enrichissent leur “package” avec de nouvelles briques (solution tout-en-un), de sorte que l’entreprise n’a plus à gérer séparément chaque couche.
Orchestration entreprise & agents
Cette couche d’orchestration va gérer les processus métier globaux. L’orchestration d’agent, quant à lui, va router les requêtes vers les agents appropriés.
Au sein d’outils comme Mulesoft ou Boomi, l’orchestrateur d’agents est implémenté comme un service appelé et non comme une brique interne.
Des frameworks open source comme LangGraph, LangChain ou LlamaIndex permettent de construire un orchestrateur d’agents chargé de coordonner l’exécution des tâches entre différents agents spécialisés. Pour simplifier le choix des frameworks, on peut les positionner ainsi :
Un agent IA reçoit l’entrée envoyée par l’orchestrateur, va analyser et comprendre l’intention sous-jacente pour déterminer la meilleure action à prendre pour répondre au besoin. Il va déterminer quoi faire en fonction du contexte et des objectifs.
Le MCP client, quant à lui, est le point de connexion entre l’agent IA et le serveur. Il consomme les tools et ressources exposés par les serveurs.
Solution : les agents sont développés en Python / Javascript à l’aide des frameworks cités précédemment, notamment LangChain utilisé pour la logique agent. Une fois les agents construits, il sont déclarés dans l’Agent Registryqui est une couche de gouvernance et d’exposition au sein de l’orchestrateur entreprise. (Ex : Mulesoft Agent Registry). En effet, certaines plateformes commencent à proposer des capacités de gouvernance et de catalogage d’agents.
API & AI gateway
L’API gateway vérifie les autorisations et gère la sécurité AVANT toute consommation de ressources IA.
Authentification : Validation de l’identité de l’utilisateur ou du système appelant
Autorisation : Vérification des permissions pour exécuter l’action demandée
Rate Limiting : Application des quotas par utilisateur/tenant (ex: max 10 opérations/minute)
Caching : Stockage des réponses techniques identiques pour éviter de solliciter inutilement les serveurs d’application => économie de bande passante
Routing : Redirection de la requête vers le bon service
…
L’AI Gateway orchestre des modèles, gère des coûts tokens et assure l’observabilité IA. Cet élément détermine quel LLM l’agent utilise en fonction des besoins. Il gère également des fonctions permettant de communiquer avec les MCP serveurs.
Voici les briques pour la partie LLM :
Multi LLM : Un accès unique vers tous les modèles (GPT-4, Claude, etc.)
Guardrails : Le garde-fou qui filtre les propos déplacés ou dangereux
Semantic Routing : Redirection de la requête vers le LLM le plus adapté selon le sens de la question (Attention : cette brique n’est pas une fonctionnalité native universelle, il peut être présent en custom)
Caching : Pas de coûts supplémentaires pour une question à laquelle on a déjà répondu.
AI Observability : Monitoring spécifique à l’IA
…
Voici les briques pour la partie MCP Server :
MCP Authn & Authz : Gestion de l’identité de l’agent IA. Elle vérifie que l’agent a le droit d’appeler un outil spécifique et gère les secrets/clés API pour se connecter aux serveurs MCP
MCP Routing : Dirige l’agent vers le bon serveur MCP pour exécuter l’action.
MCP Analytics : Mesure l’efficacité et l’utilisation des outils. Qui utilise quel outil ? Quel outil échoue souvent ?
Solutions :
Kong API Gateway + Kong AI Gateway
Gravitee API Gateway + AI Agent Management
Apigee (fonctionnalités IA incluses dans le produit)
Mulesoft Flex Gateway + Mulesoft AI Chain
Boomi API Management + Boomi AI, Boomi MCP…
Tools /Endpoints API
Dans une approche “standard entreprise », mieux vaut passer par l’IPaaS déjà en place. L’éditeur possède déjà une centaine de connecteurs (SAP, ServiceNow etc.). Même sans connecteur spécifique pour une application legacy, l’utilisation du connecteur HTTP permet de bénéficier de la sécurité et du monitoring de la plateforme. L’IPaaS peut servir de base pour exposer les APIs sous forme de tools compatibles MCP via une couche d’adaptation.
Attention : MCP est un protocole émergent, pas encore un standard formel type OpenAPI.
Le catalogue des APIs est alors transformé en catalogue d’outils IA. Ce qui veut dire que les agents ont la capacité d’agir sur le SI de manière autonome, mais sous le contrôle total de votre plateforme d’intégration.
Solution : Éditeur IPaaS déjà en place.
Observabilité
En évoquant le contrôle total, cela nous fait une excellente transition vers l’observabilité.
L’IPaaS existant agit comme un agrégateur central qui produit des données avec OpenTelemetry adopté par un large panel de plateformes (Mulesoft, Kong etc.). Il est ainsi possible d’exporter ces données et les stocker dans d’autres outils d’observabilité déjà existant. Avec ces données, il est possible de surveiller la performance, les coûts, les agents utilisés… via des dashboards.
Solutions : Se baser sur les outils d’observabilité existant. Cependant voici un exemple d’outils déjà utilisé dans le SI :
Le MCP visant à faciliter l’accès d’un client via ses LLM à des ressources distantes, il se base sur une architecture client – serveur classique.
Du côté client, deux briques : l’hôte (application ou utilisateur via son application IA de chat, IDE, etc.) et le client (instance spécifique créée par l’hôte en vue de la communication avec le serveur MCP visé). Si l’hôte doit requêter plusieurs serveurs MCP différents, il instancier autant de clients MCP, afin de garder cette relation un-pour-un.
Concepts
Afin d’établir une communication entre client et serveur, il est nécessaire de connaître les capacités offertes par chacun. Dans MCP cela se fait via une notion appelée primitive. Client et serveur s’exposent des primitives l’un à l’autre.
Primitives exposées par le serveur :
Prompt : template à réutiliser par les LLM comme guide de requête pour bien utiliser les capacités du serveur (par exemple donnant des paramètres à inclure dans une future requête) ;
Ressource : données statiques (ou quasi) du serveur exposées, typiquement pour du cache : fichiers, réponses API ;
Tool : fonctions (écrire dans BDD, appel API, écriture fichier) appelées par le LLM.
Ressource et tool semblent assez proches, l’un comme l’autre pouvant retourner de la donnée. La principale différence réside dans la manière de les contrôler : par l’application pour les ressources et par le modèle pour les tools. Autrement dit, les tools peuvent être appelés de manière autonome par le LLM, tandis que les ressources ne sont appelées que via un choix de l’utilisateur/application.
Primitives exposées par le client :
Sampling (échantillonnage) : permet au serveur de demander au client d’utiliser son LLM pour une tâche, avec potentielle intégration d’une validation utilisateur. Le serveur MCP n’a ainsi pas besoin d’avoir un SDK de langage, ni de payer un abonnement à un LLM ;
Elicitation : permet au serveur de demander de façon structurée des informations supplémentaires à l’utilisateur ;
Roots (racines) : permet de préciser au serveur une organisation des dossiers & fichiers du client, une segmentation/structuration par domaine, ou par privilège. Le client précise ce périmètre d’accès afin que le serveur “comprenne” mieux où rechercher des informations du client. Attention, cela n’applique aucun contrôle d’accès, aucune sécurité. Tout cela doit être fait par ailleurs, hors du cadre du MCP ;
Logging : envoi de messages log au client pour déboguer et monitorer.
Protocole
Le MCP utilise du JSON-RPC 2.0. Sans rentrer trop dans le détail de chaque étape du protocole, la connexion commence par un handshake puis une découverte. Y sont échangés la version de protocole, les capacités supportées par le client et le serveur, notamment au travers de l’échange des primitives. Une fois ces primitives supportées connues, on peut les lister.
Par exemple, le serveur dit au client qu’il supporte les primitives type tools. Le client demande alors une liste de ces tools puis il peut faire les appels souhaités. Enfin, le serveur peut aussi envoyer des notifications pour prévenir le client de changements.
Intégration au SI
Le MCP ayant pour but de faciliter un accès à des ressources, il est essentiel de les protéger. Imaginons que notre serveur MCP ait comme outil des appels API sur une base de données. Il convient de gérer ces API de la même manière qu’on le ferait habituellement : plateforme d’API management, application de policies de rate limiting, gestion de l’authentification et de l’autorisation, etc.
Le MCP ne remplace en rien ces sécurités. Le besoin est au contraire accru car les appels issus d’IA sont potentiellement moins contrôlés qu’avec des applications/utilisateurs classiques où l’on choisit normalement mieux les appels générés. C’est pour cela que certains APIs Gateway gèrent aussi le filtrage et le routing de LLM, afin entre autres d’éviter d’envoyer des données critiques à des LLMs publiques.
A2A
Le protocole A2A se base lui aussi sur une notion de client-serveur. Un utilisateur final, qu’il soit humain ou non, fait une requête nécessitant des agents. L’agent client (application, service ou agent IA) vient initier une communication comme client vers un agent distant agissant comme serveur. Ce dernier a une bonne couche d’abstraction, du point de vue de l’agent client, l’agent distant est une boîte noire ayant des capacités d’intérêt.
Concepts
Afin de connaître ces capacités, l’agent expose son Agent Card (fichier JSON), qui va permettre la découverte. Elle contient une description, l’URL de l’endpoint du service, les options supportées, l’authentification nécessaire, …
Les deux agents communiqueront au moyen de Messages, représentant un tour de communication. Ce Message a un rôle : utilisateur ou agent. Surtout il contient une ou plusieurs parts.Une Part est la donnée utile transmise, que ce soit du texte, un fichier, une image, etc.
L’agent client fera une requête qui débouchera sur une Task (tâche) du côté agent distant. Cette tâche débouchera sur un Artefact, le résultat généré par l’agent distant, constitué de une ou plusieurs Parts.
Protocole
A2A utilise HTTPS pour le transport et JSON-RPC2.0 pour le format de payload.
Plusieurs mécanismes de découverte sont envisageables, selon les cas d’usages : exposer l’agent card serveur sur une URI standardisée, la référencer dans un catalogue d’entreprise, ou encore l’inscrire en dur dans le client. Selon le niveau de sensibilité pour l’entreprise des informations présentes sur la carte, il conviendra d’ajuster le niveau de protection nécessaire.
A2A peut donc utiliser des protocoles type OAuth2, OIDC. L’autorisation est gérée par le serveur, l’agent A2A distant, alors que l’authentification est typiquement déléguée à l’IAM de l’entreprise. Pour gérer au mieux la couche de sécurité, la performance et la cohérence entre les agents de l’entreprise, bref pour une meilleure gouvernance, il est conseillé d’intégrer ces serveurs A2A avec les solutions d’intégration type API management.
Si certaines requêtes sont simples, on peut s’attendre à une réponse immédiate, via un objet message. Inversement, si la requête est complexe, le traitement peut être long et donc nécessiter un objet tâche (ou plusieurs en parallèle). Il faut alors éviter de bloquer l’agent client. Donc trouver divers modes permettant d’avoir l’information d’avancement de la tâche et de son résultat. Notamment utiliser de l’asynchrone.
En mode pooling (requête/réponse), le fonctionnement basique, une fois la tâche créée côté agent distant, le client demande régulièrement l’état de la tâche ;
En mode streaming Server Sent Events (SSE), le serveur envoie l’état en temps réel, voire des résultats de manière incrémentale (à la manière d’un texte qui se complète peu à peu) ;
En mode notification push, grâce à une webhook, le serveur communique sur des avancées significatives sur la tâche.
Grâce à ces divers modes, on peut ainsi être au courant qu’une tâche a été créée, de son avancement, qu’un artefact a été généré et enfin que la tâche est terminée.
A noter que même terminée ou rejetée, si besoin de raffiner une réponse, on pourra se référer au contexte d’une tâche précédente, mais toujours via une nouvelle. Pas de redémarrage d’une tâche passée.
MCP & A2A
A première vue, MCP & A2A pourraient se recouper.
En réalité, le MCP s’intéresse à faciliter et standardiser l’accès à des ressources par un agent. Le A2A s’intéresse à faciliter la communication entre agents en vue d’une tâche, la décomposer en sous-tâches mieux réparties.
Dès lors MCP et A2A se complètent. Pour résoudre une tâche complexe faisant appel à des données dispersées, on utilisera du A2A pour orchestrer la communication avec des agents spécialisés. Ces agents spécialisés utiliseront du MCP pour requêter les données nécessaires à la résolution du problème.
Un serveur A2A pourrait exposer des capacités en tant que ressources MCP si elles sont bien définies, accessibles avec du stateless, etc.
En combinant MCP et A2A, on passe d’un ensemble d’agents et de ressources isolés à un écosystème cohérent, interopérable et scalable, où l’accès aux données et la coordination des agents sont contrôlés, réutilisables et auditables.
Avant l’utilisation de serveurs MCP, l’accès pour un client IA à des ressources extérieures à son environnement se faisait le plus souvent avec des techniques peu robustes et peu standardisées entre écosystèmes IA différents.
L’entrée en scène des LLM dans les échanges entre systèmes d’information a relevé le fait que l’existant en termes d’échange de données n’est que très peu adapté à ce nouvel acteur. Les premières méthodes permettant à un hôte IA de rechercher des informations auprès de sources extérieures ont permis de mettre en lumière les problèmes structurels de l’approche première.
Contexte Pré-MCP
Le principal problème de l’approche initiale est qu’elle nécessitait un couplage fort entre le framework IA d’une part et d’autre part les APIs et autres ressources externes qui, elles, pouvaient être amenées à évoluer indépendamment. Ce couplage rendait la maintenance des intégrations une préoccupation persistante pour le développeur d’une solution IA.
Afin de comprendre comment un hôte ou agent IA communique avec des API externes, il est nécessaire de comprendre la séparation entre la couche LLM (qui émet des tokens) et le framework IA qui permet la logique autour de l’interaction avec le modèle.
La couche LLM est la couche basique de génération de tokens, elle ne comprend qu’une suite de tokens et ne renvoie qu’une autre suite de tokens. Elle n’a accès ni à des API externes, ni aux fonctions qui permettent de les appeler.
C’est le framework IA (langChain, AutoGPT etc.), qui fera le lien entre la “volonté” ou “action” exprimée en langage naturel par le LLM, et l’exécution de cette action.
Pour cela le Framework IA, comprend une bibliothèque interne de tools, qui permettent d’effectuer les appels ou requêtes nécessaires.
Le workflow de récupération de ressources externes par un hôte IA, pré-MCP était le suivant:
La Définition des capacités: La liste des tools disponibles à l’utilisation, ainsi que les exigences sur le format d’instruction attendu est transmise au LLM par le framework via le System Prompt .
L’interception et exécution de la commande: Il existe plusieurs paradigmes pour intercepter une commande émise par un LLM. Celui que nous décrirons ici repose sur le principe suivant : lorsque, au cours de sa génération de texte, le LLM s’apprête à déclencher un appel vers une action externe, il émet une “signal” textuel – différent d’un framework à l’autre, indiquant qu’un tool doit être invoqué.
Ce signal informe l’orchestrateur que la suite de la génération ne correspond plus à du texte libre, mais à une structure attendue, généralement un objet JSON. Le framework peut alors parser le JSON via des regex ou un parseur dédié, identifier le tool à invoquer ainsi que les arguments à rattacher. Il peut alors exécuter l’action en lançant par exemple un script python écrit et stocké dans le framework.
“signal”
{
"name": "send_email",
"arguments": {
"recipient": "bob@example.com",
"subject": "Urgent",
"body": "Bonjour Bob, voici les infos demandées."
}
}
“signal”
Exemple de génération LLM demandant au framework l'envoi d'un email.
Renvoi de la réponse: Une fois le résultat de la requête réceptionnée, le framework envoie le résultat (ex: “Email envoyé avec succès. Heure: 12h34), qu’il le renvoie au comme System prompt ou Contexte supplémentaire au LLM, qui peut alors répondre à l’utilisateur “C’est fait, l’email a été envoyé à Bob.”
Problématiques intrinsèques
Intégration sur mesure pour chaque ressource exploitée: Chaque API ou base (CRM, météo, paiement, DB interne, etc.) nécessite une intégration spécifique, qui plus est doit être faite et maintenue au niveau du framework IA et diffère donc d’un framework à l’autre.
Duplication: L’intégration et les tools ne sont que très peu ou pas réutilisés, et sont repensés pour chaque framework même si la donnée à récupérer est la même
Maintenance explosive: Le moindre changement de contrat d’API imposait de modifier le tool ou même le schéma de function calling, avec risque de régressions silencieuses.
Solution apportée: le MCP
Le MCP (Model Context Protocol) est un protocole ouvert proposé par Anthropic fin 2024 et qui propose une nouvelle façon pour une source de donnée quelconque, d’exposer ses informations de sorte à pouvoir être exploitées de façon plus fluide par un hôte IA.
Pour cela il propose plus qu’un langage d’échange différent (le MCP repose sur JSON-RPC, qui est déjà connu et éprouvé). Son apport réel réside dans un changement de paradigme : on passe d’un modèle où l’hôte IA va chercher l’information directement chez chaque source via des intégrations spécifiques, à un modèle où les sources de données exposent leurs capacités et leurs informations via des serveurs MCP standardisés.
Comparatif de l’architecture avant et après MCP – L’exposition de la donnée est faire côté source de donnée, via un serveur MCP qui va exposer de façon compréhensible par tout client utilisant du MCP, les données qu’elle veut exposer.
On observe ici un déplacement de l’effort d’intégration et de maintenance : il passe de l’intérieur des frameworks IA vers l’extérieur, en couplant le point d’entrée MCP directement à la source de données. Une fois instancié et maintenu, le serveur MCP devient alors mutualisable et peut être consommé par autant de clients MCP que nécessaire, qu’il s’agisse d’hôtes IA, d’applications, d’IDE ou de tout autre service compatible avec le format MCP.
Ce changement de paradigme qu’apporte le protocole MCP permet de solutionner une partie des problèmes qui se présentaient avant.
Standardisation de l’intégration: L’intégration, via le serveur MCP est écrite une seule fois, et est utilisée indépendamment du framework ou du modèle utilisé.
Mutualisation et réutilisabilité : Un serveur MCP peut être consommé par plusieurs clients sans réécriture spécifique. La logique d’accès à la donnée n’est plus dupliquée pour chaque framework. On sépare clairement la couche d’orchestration de la couche d’accès aux ressources.
Isolation des évolutions et réduction du couplage : Les changements d’API sont traités dans le serveur MCP. Le contrat client et serveur reste stable et un seul serveur exposant la donnée est à maintenir à jour;
Le A2A: Communiquer entre Agents IA
Comme le MCP la communication entre Agents se faisait via un mode de communication prévu alors pour les échanges entre systèmes déterministes “traditionnels” et non entre LLM.
Le protocole A2A, développé par Google apparaît peu après le MCP et se veut explicitement complémentaire: MCP gère l’accès aux ressources pour un agent et A2A coordonne la communication et la délégation entre réseau d’agents.
Pourquoi le A2A
Si nous prenons l’exemple d’une architecture multi agents centralisée (Orchestrateurs et subordonnés). L’agent principal va vouloir déléguer ses tâches à d’autres agents soit
Spécialisés: pour lui permettre d’acquérir des compétences et expertises supplémentaires.
Génériques: pour lui permettre de paralléliser et déléguer ses tâches
Le protocole A2A va permettre de standardiser cette communication et dynamiser la découverte de capacités, c’est-à-dire permettre à l’agent orchestrateur de savoir quelles sont les capacités des agents à sa disposition afin de filtrer/sélectionner le bon agent pour chaque usage.
Concrètement, il va permettre à chaque agent d’exposer une “Agent Card” qui joue de rôle de fiche descriptive ou carte d’identité listant ce que l’agent sait faire et comment l’utiliser.
Dans cette fiche descriptive, l’agent indique les contraintes et capacités, par exemple les limites d’accès, les scopes autorisés, ou les prérequis pour invoquer une fonction.
Le A2A prévoit notamment la gestion de scopes et permissions, l’authentification envers les agents et un de suivi en temps réel (streaming, notifications) des tâches déléguées, entre autres capacités.
Le A2A comme solution
Le protocole A2A répond à un besoin nouveau : faire communiquer un réseau d’agents, majoritairement pilotés par des LLM, de manière à la fois standardisée et maîtrisée. Concrètement, il permet :
Standardisation et déterminisme : le standard permet une certaine maîtrise des échanges et de l’exposition des agents. Cela malgré le comportement intrinsèquement non déterministe et parfois chaotique des LLMs.
Gouvernance et observabilité : La standardisation des règles et du mode de communication entre agents se complète d’autres mécanismes comme le suivi des échanges grâce à du monitoring ainsi que des audit trails par exemple.
Interopérabilité plug-and-play : Les agents “encapsulés” de façon standard peuvent rejoindre ou quitter un réseau sans nécessiter de réécriture des intégrations.
Scalabilité : La résultante de ces différents mécanismes est une délégation et coordination plus efficaces entre agents, qu’ils soient spécialisés ou génériques, et ce même dans des réseaux complexes.
Ainsi, A2A transforme un ensemble d’agents en un écosystème coopératif, contrôlable et extensible.
Conclusion
En combinant MCP et A2A, on passe d’un ensemble d’agents et de ressources isolés à un écosystème cohérent, interopérable et scalable, où l’accès aux données et la coordination des agents sont contrôlés, réutilisables et auditables. Ces protocoles ouvrent la voie à des architectures multi-agents robustes, capables de gérer des réseaux complexes d’IA tout en garantissant sécurité, standardisation et évolutivité. Les capacités apportées par l’IA générative et encadrées par ces deux protocoles permettent d’élargir encore plus le champ des possibles en envisageant une industrialisation à large échelle de l’IA générative.
Dans cette période charnière pour notre souveraineté numérique, il nous est apparu important chez Rhapsodies Conseil de mettre en avant les solutions PaaS françaises existantes. Important, car un certain nombre de solutions existent, et sont tout à fait Production Ready pour une majorité de cas d’usage d’entreprises. Mais aussi car on voit émerger des acteurs français. Des acteurs innovants soucieux de leurs clients, qui chérissent leurs indépendances. Et qui par conséquent sont finalement des pierres angulaires de notre souveraineté numérique.
De très bonnes solutions qui sont totalement imperméables aux lois d’espionnage comme la FISA américaine, ne pratiquant pas le Sovereign Washing, et qui par leur existence même permet de garantir une chaîne industrielle de l’IT présente en France. Et qui sont très certainement plus prompte à payer leurs impôts en France au même taux que les autres entreprises françaises.
La souveraineté numérique est sur toutes les lèvres, mais est-elle vraiment dans toutes les stratégies ? Si le dernier baromètre du CRIP souligne une prise de conscience salutaire des organisations, il révèle aussi l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir pour sortir d’une dépendance souvent subie, parfois inconsciente.
Chez Rhapsodies Conseil, nous sommes convaincus que la souveraineté n’est pas un luxe idéologique, mais le socle de votre liberté de décision future. Il ne s’agit plus de cocher des cases réglementaires, mais de reprendre les commandes de nos trajectoires technologiques face à des enjeux qui dépassent le simple cadre du Cloud.
Pour transformer ces indicateurs en un véritable levier de performance, nous avons passé les résultats au crible de nos convictions : voici les six ruptures nécessaires pour passer de la posture à l’autonomie réelle.
1. Vision et priorisation stratégique : sortir du suivisme
Il est impératif de changer de focale technique et réglementaire. Nous avons trop tendance à nous arrêter au Cloud Act, alors que le danger majeur réside dans le FISA-702, bien plus offensif. En effet, la section 702 du FISA impose une juridiction extraterritoriale sur l’ensemble des services et infrastructures numériques (cloud, SaaS, logiciels, télécoms, centres de données, etc..) ayant accès aux communications, permettant aux agences US de transformer les outils technologiques mondiaux en vecteurs de surveillance unilatérale au mépris de la souveraineté des autres États.
Ensuite, le scénario « Kill switch » n’est pas une fiction ; il a été étudié et le véhicule législatif existe.
En effet, en s’appuyant sur l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) ou sur des contrôles à l’exportation, Washington pourrait contraindre légalement les entreprises américaines à suspendre instantanément l’accès aux services cloud, aux mises à jour logicielles et aux certificats numériques, transformant la dépendance technologique de l’Europe en une arme de paralysie économique massive.
La souveraineté se joue à la source de la stack technique : elle appartient à celui qui produit la technologie et possède le pouvoir d’arrêter l’envoi des mises à jour, et non à celui qui la distribue.
Dans cette optique, suivre aveuglément le Magic Quadrant de Gartner n’est pas une stratégie, c’est du « suivisme », une difficulté à décider pour soi-même ce qui nous est le plus adapté. Payer des cabinets américains qui vont toujours dire de manière biaisée et/ou intéressée d’acheter américain ne peut pas aider à avancer sur la souveraineté. Enfin, nous devons intégrer la notion de durabilité (autonomie énergétique et environnementale) comme un pilier indissociable de notre souveraineté à long terme. Les acteurs de l’IA l’ont bien compris.
2. Gouvernance et organisation : maîtriser ses risques
Une gouvernance souveraine repose sur des actions concrètes :
Mettre en place une veille réglementaire, technologique et géopolitique.
Former les achats, les décideurs métiers et les équipes IT aux enjeux de dépendance.
Réaliser des analyses de risques argumentées qui évaluent la dépendance technologique et économique.
Déterminer précisément les besoins de sécurité et utiliser un indice de souveraineté couvrant l’ensemble des enjeux.
Identifier tous les fournisseurs cloud et logiciels pour maîtriser sa supply chain, tout en restant vigilant face aux enjeux de dépendance contractuelle et réglementaire extra-territoriale.
3. Politique d’achat et Sourcing : briser les mythes
La solution « facile » et rentable à court terme d’un clouder US n’est pas nécessairement optimale à long terme face aux incertitudes réglementaires. Acheter souverain, c’est aussi se donner la capacité de se vendre comme tel. Nous avons en effet chez Rhapsodies Conseil des clients qui font de leur propre souveraineté un argument commercial.
Il faut également cesser de se rassurer avec l’uniformité : avoir la même architecture que tout le monde n’est pas un avantage compétitif, c’est une dépendance généralisée. À l’inverse, choisir un fournisseur européen ou français offre une sécurité juridique supplémentaire quant au cadre applicable. Contrairement aux idées reçues, le surcoût des solutions françaises est souvent un mythe. Voire une erreur contradictoire avec la réalité.
Nous notons également trois points de vigilance sur le sourcing :
L’illusion de l’Open Source en solution générique : Une solution gérée par un éditeur open-source reste soumise aux risques liés à cet éditeur. Il est préférable de supporter financièrement des projets ou de contribuer aux communs numériques européens pour mutualiser l’effort. Un projet américain reste soumissible aux désirs du gouvernement américain. Le projet Linux, sous statut américain, a ainsi rejeté les développeurs russes, suite à la pression américaine.
Le déséquilibre commercial : La relation est structurellement asymétrique face à des hyperscalers gros comme des États, contrairement aux acteurs souverains. Et la capacité de négociation aussi.
La réversibilité : La vraie souveraineté se mesure à la facilité de changer de fournisseur (interopérabilité, frais de sortie et de rupture avantageux).
4. Architecture, Data et Cybersécurité
Il faut marteler que Souveraineté ≠ Localisation : la simple présence des données en Europe ne garantit en rien la souveraineté juridique. L’excellence opérationnelle consiste à choisir l’outil que l’on maîtrise réellement, et non à acheter le leader d’un quadrant pour se rassurer.
Les solutions souveraines sont aujourd’hui qualitatives et optimisées. Si le catalogue des hyperscalers est plus fourni, les besoins réels des clients touchent rarement plus de 30 services, un périmètre parfaitement couvert par les acteurs européens. Pour sécuriser nos actifs, nous devons :
Auditer la Supply Chain au-delà du rang 1 pour détecter les compromissions applicatives.
Inclure systématiquement des solutions souveraines dans les études de projets.
Chiffrer systématiquement les frais de sortie et les dépendances dès la phase d’étude pour garantir une décision équitable.
5. Compétences et Acculturation : le facteur humain
La souveraineté sans compétence interne relève du « wishful thinking ». Nous avons le mauvais réflexe de ne penser au souverain que pour les ressources sensibles. Pour changer de paradigme, il faut intégrer la souveraineté dès les applications simples pour habituer les équipes. Quelle justification à mettre l’application de menu de la cantine chez un HyperScaler?
Le rôle des experts est central : les RSSI alertent, le métier décide, mais c’est l’incident qui tranche. Il est dangereux de voir les clouders comme des standards ; ce sont des technologies propriétaires qui imposent une dépendance technique. Nous perdons nos compétences agnostiques au profit de certifications propriétaires. Il est donc urgent de :
Prévoir des plans de formation agnostiques basés sur l’open source.
Encourager les certifications sur les solutions souveraines.
Rester vigilant face aux ESN dont l’indépendance est limitée par leurs partenariats avec les géants US (rémunérations, crédits cloud, certifications).
6. Feuille de route et Investissements
Le cloud est une infrastructure vitale, au même titre qu’EDF ou Orange. Accepterions-nous un EDF Russe, un Orange Chinois et un ENGIE Américain ?
Travailler avec des acteurs souverains permet de peser sur les feuilles de route produits, contrairement aux hyperscalers où l’on subit les priorités du marché américain. Nous devons aussi transformer les contraintes réglementaires (NIS2, DORA, DMA) en opportunités de souveraineté.
Enfin, soyons lucides sur l’asymétrie entre un accès facile aux clouders US et une sortie complexe et coûteuse (frais de rapatriement abusifs). Une stratégie hybride est possible : réserver les hyperscalers aux POC innovants de courte durée et à faible volumétrie, tout en sécurisant le reste sur des infrastructures souveraines, souvent moins chères pour les services courants.
La souveraineté numérique n’est pas un repli, mais une exigence de lucidité. En rééquilibrant nos investissements vers des compétences agnostiques et des solutions européennes, nous ne faisons pas qu’acheter de la technologie : nous achetons notre liberté de décision future. Le baromètre nous montre le chemin ; il ne tient qu’à nous de transformer ces indicateurs en une véritable trajectoire d’indépendance.
Souveraineté numérique : on arrête la théorie, on passe à la pratique.
Souveraineté numérique : on arrête la théorie, on passe à la pratique.
Roadmap opérationnelle de souveraineté numérique (document en accès libre).
Entre NIS2, DORA et les tensions géopolitiques, le sujet n’est plus « faut-il y aller ? » mais « comment on faLa souveraineté numérique a longtemps été un concept flou, coincé entre débats divers et postures. Mais en 2024, la donne a changé. Avec l’arrivée de directives européennes structurantes comme NIS2 ou DORA pour le secteur financier, et dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, la maîtrise de ses dépendances technologiques n’est plus une option : c’est un impératif de résilience. D’ailleurs, la prise de conscience est là : 87 % des entreprises anticipent une montée en puissance de ce sujet. La question n’est donc plus « faut-il y aller ? », mais « comment on fait concrètement ? ». Pour répondre à ce besoin, nous avons condensé notre méthodologie dans un document opérationnel : la Roadmap de Souveraineté Numérique. Cet article vous en présente les grandes lignes et vous explique pourquoi ce guide est l’outil qui manquait à votre DSI.
Une boîte à outils pour vos équipes Enfin, parce que la critique récurrente est « il n’y a pas d’alternatives européennes », nous avons inclus dans ce fichier une liste de ressources pour sourcer vos futures solutions. Vous y trouverez des liens vers des annuaires de solutions françaises et européennes (comme le catalogue CNLL pour l’Open Source ou les panoramas de l’écosystème SaaS européen). Nous avons également compilé les références réglementaires indispensables pour votre veille (LPM, NIS2, DMA). Conclusion : Un processus continu Comme nous le concluons dans le document, la souveraineté numérique n’est pas un état final figé, mais un processus continu visant à renforcer l’autonomie et réduire les risques. Ce document a été conçu pour être un outil de travail. Il est structuré, visuel et direct. Que vous soyez DSI, RSSI ou Architecte, il vous servira de base pour argumenter vos choix stratégiques et budgétaires.
1. Partager une définition claire pour aligner les équipes
Le premier obstacle à la souveraineté est souvent sémantique. Avant de lancer des chantiers techniques, il faut s’accorder sur ce que l’on protège. Dans notre roadmap, nous clarifions les piliers d’une véritable souveraineté, qui ne se limite pas à la localisation des données. Elle englobe entre autre choses : Le Juridique : L’immunité aux lois extraterritoriales (comme le Cloud Act américain). L’Opérationnel : La capacité à assurer une continuité de service totalement indépendante. Le Technologique : L’évitement du verrouillage (lock-in) propriétaire. La Chaîne d’approvisionnement : La transparence et la résilience des composants tiers.
2. Une méthode en étapes, de l’audit à la migration
Le cœur du document que nous mettons à votre disposition détaille une méthodologie progressive. L’objectif est d’éviter l’effet « montagne infranchissable » en découpant le processus.
Phase 1 : L’analyse des dépendances et des risques
On ne peut pas souverainiser ce qu’on ne connaît pas. La première étape consiste à cartographier vos fournisseurs cloud et logiciels, localiser vos données sensibles et, surtout, identifier les contrats contenant (ou non) des clauses de sortie et de réversibilité. C’est aussi le moment d’évaluer votre « posture sécurité » face au niveau de menace maximal.
Phase 2 : La gestion de la Supply Chain Numérique
C’est souvent l’angle mort des stratégies IT. Votre fournisseur est souverain, mais qu’en est-il de ses propres sous-traitants ? La roadmap insiste sur l’importance d’auditer la chaîne d’approvisionnement et d’implémenter des critères de sélection souverains pour les composants logiciels et matériels.
Phase 3 : Migration et adoption de standards
La souveraineté passe par l’interopérabilité. Pour éviter de recréer de nouveaux silos, nous recommandons de privilégier les standards ouverts et les « communs numériques ». Le guide aborde également le choix de solutions qualifiées (comme le visa de sécurité SecNumCloud de l’ANSSI) et l’importance des solutions d’identités souveraines.
Les erreurs à éviter (Le « Reality Check »)
L’une des sections qui nous tient le plus à cœur de ce document est la liste des pièges classiques rencontrés sur le terrain. Trop de projets échouent ou créent une fausse sécurité à cause d’incompréhensions techniques. Par exemple, une erreur fréquente est de penser qu’un logiciel SaaS devient automatiquement souverain ou « SecNumCloud » simplement parce qu’il est hébergé sur une infrastructure (IaaS) qui l’est. C’est faux : la qualification de la couche basse ne se propage pas magiquement à la couche applicative. De même, confondre « Souveraineté » et « Localisation » est un piège courant : vos données peuvent être en France mais soumises à une juridiction étrangère via l’éditeur.